睦勝 Geek
Qui sait quand il faut combattre et quand il faut s'en abstenir sera victorieux.

Les Museogeeks sont une intelligence collective


26/11/2012

L'idée de cet article a émergé suite aux Rencontres Culture Numérique 2012 (30 et 31 octobre dernier au CENTQUATRE, Paris). Si j'ai eu envie d'écrire sur l'intérêt de live-twitter des événements, c'est surtout à cause d'une micro-polémique qui a émergé sur Twitter lors de la première matinée.

Vous trouverez via le lien ci-dessous les quelques tweets concernant le sujet : 

https://fr.twitter.com/lizarewind/status/263242066115559424

Je vous laisse libre de vous faire votre propre opinion sur cette question...

 

Comme vous avez pu le voir dans les tweets ci-dessus j'ai été plutôt surprise par les propos tenus par Jean-Christophe Théobalt, organisateur des Rencontres Culture Numérique. En effet, comment envisager en 2012 d'organiser des conférences sur le thème du numérique dans les institutions culturelles sans intégrer la pratique du live-tweet ? Cette pratique est aujourd'hui largement banalisée et ancrée dans les habitudes, particulièrement dans celle des Museogeeks.

Lors du travail (conséquent !) de reprise des tweets émit lors des RCN pour réaliser le storify avec Hélène Herniou, j'ai pu constater leurs richesses et l'intérêt des twittos pour les sujets des conférences. Bien loin d'être inattentifs, ils enrichissent la conversation virtuelle, de liens vers d'autres articles, vers des vidéos, des podcasts audio, etc…

 

Les storify sont disponibles ici :

Jour 1 : http://storify.com/cliophile/les-rencontres-numeriques-rcn12-mediation-et-numer

Jour 2 : http://storify.com/cliophile/rencontres-numeriques-2012-rcn12-mediation-et-nume

 

Tout cela dans deux buts principaux bien définis.

Le premier est de permettre aux personnes tenues à distance de l'événement pour tout un tas de raisons (places limitées, trop loin, trop cher, impossibilité de se libérer, etc…) de suivre quand même cet événement. Et même de le suivre en différé ! En effet une simple recherche sur le hashtag de l'événement permet de récupérer l'ensemble des tweets et de relire la conversation, même plusieurs mois plus tard. 

Le deuxième but est de créer un espace de débat en direct, en parallèle de l'événement. En l'occurrence cela se prête particulièrement bien aux conférences où il est impératif de rester silencieux. Le live-tweet permet aux auditeurs de donner leur opinion, de la partager avec la twittosphère composée de leurs voisins et de gens suivant l'événement à distance. Les participants peuvent donc échanger, commenter, poser des questions et recevoir des réponses tout en écoutant la conférence.

 

Aux critiques concernant le manque d'attention je répondrai "oui et non". Oui nous sommes globalement moins attentifs qu'une personne dédiant son écoute exclusive aux propos tenus devant lui.

Non, car nous formons en groupe une sorte d'intelligence collective qui nous permet de suivre la conférence tout en enrichissant son contenu. Si quelqu'un n'a pas saisi une phrase ou un exemple, il le retrouve facilement en remontant le fil twitter. Des contenus annexes comme des vidéos, des images ou des articles viennent s'ajouter aux commentaires et mettent en lumière tel ou tel point, créant des liens. C'est justement ce qui donne tout son intérêt au storify.

 

De façon générale, les gens qui live-tweetent un événement, forment ainsi ponctuellement une intelligence collective de type holomidale [1]. C'est-à-dire l'intelligence collective de la communauté autogérée qui n'a pas besoin d'une hiérarchie pour fonctionner. Et la communauté des Museogeeks par son débat permanent, ses recherches et partages de connaissances sur les réseaux sociaux est à mon avis un bon exemple d'intelligence collective en fonctionnement permanent. Nous nous enrichissons les uns les autres en formant une sorte de spirale ascendante qui mène vers toujours plus de connaissances, de débats, de réflexions et contribue au final à faire progresser nos pratiques professionnelles.

 

So keep going ! Avec un peu de chance on va réussir à le changer le monde ! ;)

 

Annexes :

Pour en savoir + sur Twitter son histoire, son développement et son utilisation :

- L'article de Wikipédia sur le sujet. http://en.wikipedia.org/wiki/Twitter 

- L'aide de Twitter donne aussi ses conseils et best pratices pour organiser un live-tweet efficace : https://dev.twitter.com/media/live-tweeting

- Des agences de communication françaises (et même pas parisiennes !) comme Madisson Communication également : http://www.madisoncommunication.com/article-live-tweet-9-conseils-pour-creer-l-evenement-104929994.html

- Ainsi que Benoit Descary blogueur et consultant en médias sociaux. http://descary.com/twitter-quelques-outils-et-astuces-a-utiliser-pour-votre-prochain-evenement/ novembre 2011.

- Using Twitter at Your Events http://www.business2community.com/twitter/using-twitter-at-your-events-0322960

- Ou encore l'excellent article de Sebastien Magro sur le Live-Tweet d'expo : http://dasm.wordpress.com/2011/06/01/reflexions-sur-le-principe-du-livetweet-dexposition/

- Et d'autres sur Muzeonum : http://omer.mobi/muzeonum/R%e9seauxSociaux/Twitter

 

Pour en savoir + sur l'intelligence collective holomidale :

http://iric.fr/wp/a-propos/domaines-de-recherche/

A propos de Sophie TAN-EHRHARDT :

Passionnée depuis toujours par l'histoire et l'archéologie, je suis tombée dans la marmite du web en 1998 (j'avais 11 ans) grâce à mes parents graphiste et informaticien. Depuis, mes études à l'Ecole du Louvre puis à l'ISCOM n'ont fait que confirmer et encourager ces centres d'intérêts. Au cours de mes études, j'ai notamment réalisé deux mémoires sur les questions du web et des réseaux sociaux dans le monde culturel. Ces recherches m'ont permis de rencontrer et de m'intégrer à la communauté des Museogeeks dont je suis un membre actif.

Depuis 3 ans, j'exerce le métier de Community Manager, Chargée de la Communication et des Relations Publiques, spécialisée dans le domaine culturel. J'ai notamment été amenée à coordonner la communication digitale de plusieurs projets européens, dont eCultValue, qui encourage l’usage des nouvelles technologies dans les musées et institutions culturelles européennes. Ces projets m’ont permis de développer une solide expérience en communication, notamment internationale, et en gestion des outils numériques.

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